De l'importance du frivole sur un site comme Yagg

Deux posts publiés par deux jeunes yaggeurs aujourd’hui sur les blogs de Yagg me font penser qu’il est parfois nécessaire d’expliquer ce qui, à une vieille de la vieille comme moi, semble évident.

Ça a commencé avec le coup de gueule de Paul Denton, ça s’est poursuivi avec le post poignant mais non moins critique de Jeff. Marre de Lady Gaga, trop de people, pas assez d’enquêtes, trop de léger. Bah oui, sur Yagg, on aime les séries, on aime les chanteuses populaires, on aime plein de choses sans importance. Mais sur Yagg, on soutient des demandeurs d’asile (d’ailleurs, vous avez signé les pétitions de soutien à Nessma et Honoré?), on suit des gay prides dans les pays d’Europe de l’Est quasiment heure par heure, on parle santé à tout bout de champ, on a créé une communauté où chacun-e devrait avoir sa place, on fait plein de choses importantes. Aussi bien que possible avec peu de moyens. Et avec un engagement sans faille.

Les témoignages comme celui que rapporte Jeff, c’est super important et irremplaçable, mais – et je suis désolée si ça fait vieille conne – si j’en crois mon expérience de journaliste, un site, un journal ou un magazine où il n’y aurait que des sujets sérieux (pour ne prendre que l’exemple de sujets parus ces derniers jours sur Yagg: “Gay prides interdites de Moscou: La CEDH se prononcera le 21 octobre“, “Fonds mondial contre le sida: moins de 12 milliards recueillis pour les trois ans à venir“, “Gay pride de Belgrade: entre espoir et affrontements violents“, “Les Verts allemands veulent l’égalité totale pour les gays et les lesbiennes“, “Peine confirmée en appel pour le meurtrier de Laurent Francazal“, “Anne Hidalgo écrit au préfet de Seine et Marne pour soutenir Honoré, demandeur d’asile gay camerounais“…) perdrait très très vite la majorité de ses lecteurs.

Parce que l’être humain a besoin de rêve aussi, de paillettes, de choses qui lui permettent de sortir de sa vie. Et parce que le people, le léger, le frivole, ça sert aussi à relativiser. S’il n’y a que de l’essentiel, on ne le voit plus.

8 thoughts on “De l'importance du frivole sur un site comme Yagg

  1. j’ai signé les pétitions =)
    et puis bon c’est sur le coup de l’émotion que j’ai rédigé,
    m’enfin bon on peut etre gay, ne pas aimer les choses de gays et pourtant vouloir rester informé 😉

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    1. @jeff: on peut tout à fait être gay et pas pédé, on rate de belles choses mais chacun ses goûts (cela dit je pense que ton ami n’a pas tellement le choix pour l’instant). Comme le disait Christophe sous le post de @paul-denton, soyez critiques, c’est important pour Yagg et c’est important pour nous. Visiblement, en ce moment (et pas juste sur la communauté), il faut que nous expliquions ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et pourquoi nous le faisons comme nous le faisons. Parce que nous avons sollicité le soutien des internautes? Peut-être (quoi que dans certains cas, cette exigence de justification avait commencé avant notre appel). Toujours est-il que chacun-e vient sur Yagg pour des raisons différentes, et que quelles que soient les critiques des un-e-s ou des autres, je suis assez fière de la diversité de nos internautes. Que les mêmes sujets ne touchent pas de la même manière un gay de 18 ans, une lesbienne de 22, un bi de 40 ou une trans’ de 60, ça n’a rien d’étonnant, mais je le répète, je suis assez fière que Yagg réussisse à réunir, au bout du compte, ce gay de 18 ans, cette lesbienne de 22, ce bi de 40 ou cette trans’ de 60. Peut-être pas sur un article, mais sur un ensemble.

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  2. @Judith: voilà ta patience mise à l’épreuve, je me souviens que dans l’un de tes posts, tu disais ne plus vouloir te justifier à propos de tout (me semble-t-il).

    je ne pense pas que la raison financière soit la plus importante. Cette “exigence de clarification”, elle existe depuis le début, parce que vous ne vous contentez pas de faire du journalisme et que vous communiquez directement avec les yaggeurs et que vous les mettez en valeur.

    Du coup, on a envie de vous suivre et de vous soutenir. Mais parfois, on se sent moins en phase avec ce qui est fait. Alors, on le dit. Voilà.

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  3. Personnellement j’avais adoré l’accroche de l’article http://yagg.com/2010/08/19/big-brother-us-un-candidat-prend-du-bon-temps-sous-la-douche/ :

    “Alors vraiment bravo Yagg! Judith et Esther sont en vacances, Audrey a le dos tourné, et hop, les mâles de la rédaction (c’est pas moi c’est Maxime) s’échangent en gloussant la vidéo d’un mec qui se masturbe sous la douche. Elle est belle, la ligne éditoriale de l’été!”

    Cette phrase laisse entendre (je trouve) que pour Yagg, si la frivolité est bienvenue, le site se fixe des limites. Je me trompe?

    La rédaction a-t-elle une position particulière par rapport aux émissions de télé-réalité type loft story ?

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