New Heaven – Lena Clarke

En cette fin d’été en Caroline du Sud, Angie (Angelina), une lycéenne de 17 ans, partage ses journées entre son boulot de serveuse au diner du coin, son neveu de 5 ans, Noah, dont la mère a pris la poudre d’escampette, et, quand il lui reste du temps et/ou de l’énergie, sa meilleure amie, Madison. C’est après avoir reconduit celle-ci chez elle à la suite d’une soirée trop arrosée qu’Angie rencontre Samantha, dont la voiture est en panne sur le bord de la route. Elle est alors à mille lieues de se douter que cette jeune femme va changer sa vie.

Malgré quelques longueurs (surtout dans le dernier tiers) et quelques répétitions, l’histoire se tient et le rythme est dans l’ensemble efficace. L’alchimie entre Angie et Samantha est indéniable, et les meilleures scènes du livre sont celles où elles s’approchent, s’apprennent, s’effleurent. Leur relation est ce qu’on qualifie en anglais d’instalust ou instalove, c’est-à-dire que l’attirance est immédiate et les déclarations d’amour suivent de très très (trop?) près. Angie décrit d’ailleurs d’assez jolie façon ses sentiments: “Quand on aime quelqu’un, on le voit différemment. On remarque tous les petits détails, on s’émerveille pour un rien et même ce qui aurait pu être agaçant devient soudainement mignon et appréciable.”

New Heaven est constellé de personnages secondaires, dont certains frôlent la caricature (en particulier le beau-père abusif, l’enfant parfaitement adorable et l’ex violente). D’autres se révèlent plus complexes, et au fil des pages, j’ai appris à apprécier Madison, qui n’est pas qu’une pom pom girl superficielle, et Andrew, l’étudiant au profil de gendre idéal.

Lena Clarke a fait le choix de situer son histoire dans une petite ville des États-Unis, et pourquoi pas. Je n’arrive pas à décider si ce parti pris n’est pas totalement assumé (Clarke insiste un peu trop sur le tutoiement – qui n’existe pas en anglais –, Samantha débarque avec les œuvres complètes d’Émile Zola et Angie réplique en mentionnant Victor Hugo…) ou si l’autrice a voulu s’inspirer des romances lesbiennes américaines en adoptant un style qui rappelle celui de traductions parfois hasardeuses. Toujours est-il que si j’ai réussi plutôt facilement à me laisser emporter par le récit, j’ai plus de mal avec l’écriture. Comme je l’ai écrit récemment, je lis rarement en français, je ne suis donc peut-être pas celle dont il faut suivre les critiques de livres francophones. Je me félicite néanmoins de ce petit détour, qui s’est révélé finalement assez agréable.

3 stars

New Heaven @ Reines de Cœur

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